SOURCE : article du JSL du 17/09/23 – par Allan Gronowski

À Autun, l’association Le Pont propose aux personnes isolées et en situation précaires des séances de sophrologie avec Séverine Lombard. Se libérer des traumatismes et chocs émotionnels pour avancer, la méthode donne des résultats et permet de lever d’autres freins.
 
Lydie Fournier, la directrice territoriale de l’association Le Pont, travaille en collaboration avec Séverine Lombard, sophrologue à Autun.  Photo Allan Gronowski
Lydie Fournier, la directrice territoriale de l’association Le Pont, travaille en collaboration avec Séverine Lombard, sophrologue à Autun.  Photo Allan Gronowski

Rester reclus chez soi par peur des autres, être hanté par les mêmes traumatismes, ne plus se soigner, ce quotidien existe pour certains. L’association Le Pont agit dans le département de Saône-et-Loire contre l’exclusion sociale et le retour à l’autonomie de ces publics fragiles et parfois invisibles.

Parmi les dispositifs employés, l’association offre des séances de sophrologie. À Autun, c’est Séverine Lombard qui accueille ces personnes. Elle travaille avec eux sur leurs phobies et leurs traumatismes. « Lors des premières minutes, je leur demande quels sont leurs besoins, comment ils se sentent dans le cabinet, explique Séverine Lombard, sophrologue depuis maintenant quatre ans. C’est la personne qui amène la séance, j’écris beaucoup en écoutant et je capte quand un mot génère une émotion particulière. » Au bout de ces six séances, financées par le Département, certains en ressortent métamorphosés.

Se libérer des traumatismes

Ancienne agoraphobe, Madame N. sort aujourd’hui de chez elle, prend sa voiture et projette même de retrouver un travail.

Pour vaincre ces traumatismes et chocs émotionnels, Séverine utilise une technique issue de l’EMDR (de l’anglais Eye Mouvement Desensibilisation and Reprocessing), une technique de désensibilisation et de retraitement de l’information par les mouvements oculaires. « Les séances sont longues, une heure et demie, et intenses. L’objectif est de libérer ce trop-plein d’émotion, de pouvoir repenser au choc ou au traumatisme sans tristesse et de faire des choses que l’on n’a plus l’habitude de faire », détaille Séverine Lombard.

Dans le cas de Monsieur M., ces séances ont permis de lever d’autres freins. « Après cette libération et cet apaisement, Lucie Colas, l’infirmière de l’association chargée d’accompagner et de faire le lien, a pu travailler sur le médical avec lui. Cela facilite le travail de l’agent de santé. Maintenant, il vient me voir et me dit qu’il prend ses rendez-vous médicaux », se réjouit Séverine Lombard.

Reprendre confiance en étant écouté

Avec autant d’hommes que de femmes et des histoires de vie complexes, ces séances sont basées sur l’écoute et l’adaptation. « C’est un peu la médecine des mots. S’adapter, c’est le propre du social », souligne Séverine Lombard.

« Elle leur redonne confiance, c’est primordial, abonde Lydie Fournier, la directrice de territoire de l’association. C’est une collaboration utile, les personnes se rendent ensuite fières du chemin parcouru. » Pour vaincre ses peurs, la route est souvent semée d’embûches mais aussi de personnes à l’écoute.