SOURCE : article du JSL du 26/06/2026 – par Fernand Ribeiro

Depuis le début du mois de mai, Claire, 36 ans, et son compagnon Alex, 28 ans, n’ont plus de logement et vivent sous le pont François-Mitterrand, côté Ain. Une nouvelle galère pour le couple qui a déjà connu la rue par le passé.

Le dernier logement que Claire et son compagnon Alex ont connu se situe à Mâcon. « Une connaissance nous a mis gracieusement à disposition l’appartement, avant de rendre les clés le 30 avril, à la fin du bail. Avant de prendre possession des lieux, on était au courant de la situation, précaire », explique en chœur le couple.

Mais avant de prendre racine à Mâcon, une fois de plus dans leur parcours de vie cabossée, Claire et Alex étaient installés dans un hébergement d’urgence à Autun, qui leur avait été confié suite à un appel au 115. L’attribution du logement a été actée le 13 septembre 2025 après le retour du couple en février de cette même année à Autun, ville où réside une partie de la famille de Claire. Alex y trouve un emploi durable comme mécanicien. Tout semble donc repartir sur de nouvelles bases pour le couple, même si Claire ne peut plus travailler depuis une pneumonie contractée en 2017.

Du travail, la maladie puis la rue

« J’étais embauchée en CDI comme aide-soignante dans un établissement à Charnay-lès-Mâcon. Mais suite à la maladie, j’ai été déclarée inapte au travail. Puis tout s’est enchaîné, avec notamment la perte de mon logement. Je me suis retrouvée à la rue », avance Claire. La rue, elle y sera confrontée pendant de longues années. C’est ici qu’elle va rencontrer son futur compagnon, natif de Perpignan. Sur insistance de ce dernier, « pour lui permettre de se rapprocher de sa famille », le couple décide alors de s’installer à Autun. Un CDI pour lui, un toit pour les deux. La vie semble de nouveau sourire au couple.

Mais en novembre 2025, Claire tombe malade. On lui diagnostique un œdème cérébral, que l’intéressée attribue à un Covid-19 attrapé juste avant. Elle est admise pendant deux mois à l’hôpital d’Autun avant un transfert d’une même période au centre de soins médicaux et de réadaptation Marguerite-Boucicaut de la Croix-Rouge Française à Chalon-sur-Saône. À sa sortie de l’établissement le 10 mars 2026, elle ne peut pas réintégrer l’hébergement d’urgence. Le 12 janvier 2026, son compagnon Alex, lui aussi privé de travail suite à des problèmes de santé, s’est entretenu avec les services sociaux de l’association Le Pont.

« Il ne veut pas être accompagné par nos services »

« Face à son refus d’être accompagné par nos services, il ne pouvait plus occuper le logement. Il ne correspondait plus aux critères d’attribution d’un hébergement d’urgence », explique une salariée du service concerné. Comme prévu, Alex a quitté le logement fin janvier avant de retrouver Claire à sa sortie d’hospitalisation le 10 mars. « On a fait fonctionner le bouche-à-oreille pour trouver un toit de manière provisoire. Le système D, quoi. »

De retour à Mâcon, ils logeront un temps chez une connaissance avant de retrouver la rue début mai avec, pour seul toit, une toile de tente, dressée à l’abri des regards sous le pont François-Mitterrand. « Depuis cette mésaventure, on a entamé des démarches auprès du 115 et des bailleurs sociaux. Aujourd’hui, on est dans l’attente d’une solution. » « Notre porte leur est grande ouverte », nous indique-t-on du côté du 115.